Pénible jours, extremement pénibles. Apres notre dispute hier soir, lors de laquelle j’ai donné un violent coup de pied dans une porte vitrée près de l’escalator de Central sous le regard médusé des piétons de 21h, après l’avoir traitée de folle et claqué la porte du taxi, je suis sorti voir les manifestants du 6 juin (tien an men) à Victoria Park. Restant là dans la foule, je ne regrette pas, je ne suis pas triste, c’est encore trop tot, mais je vibre sourdement comme apres un choc trop brutal. Plus tard je marche dans les rues la tete vide, cherchant une réponse dans les yeux des immeubles, dans les attitudes des passants. Pourquoi cela coince-t-il. Pourquoi ne suisje pas capable de la comprendre, de lui faire confiance, de l’aimer simplement.
Aujourd’hui, ce matin, elle m’a effacé de ses amis fb, je lui demande de venir récupérer ses tableaux stockés dans mon bureau, elle vient, nous sommes capables d’agir normalement, sans colère, et alors qu’elle va partir, le caretaker vient discuter avec nous, inconscient du drame muet qui est en train de se dérouler. Il m’a montré un article de journal où des photos le montrent en train de jouer une sorte de mandoline et différents instruments. Il dit qu’il va jouer pour moi, qu’il m’aime bien. Je hoche la tete sans un mot, lui fais comprendre qu’il doit nous laisser seul, il s’éloigne, nous nous approchons l’un de l’autre et je la serre dans mes bras, lui embrasse les cheveux. Un court instant, une puissante tendresse, frémissement. Puis elle part, le regard vide à travers la fenetre du taxi.
Quelques heures plus tard elle veut que je signe un papier où je certifie ne pas utiliser les photos que j’ai prises d’elle, nue. Je la traite encore de folle, de paranoiaque, comme si je pouvais un instant penser à distribuer ces photos sur fb ou n’importe où, comme si je pouvais lui faire ça, à elle. Elle veut aussi voir ma clé usb, mon portable, mon appareil photo, tous les endroits où j’aurai pu copier ces photos. La scene se finit dans la rue, face au mtr fortress hill, je lui tourne le dos une derniere fois.
Plus tard je lui envoie un long mail, elle me répond encore plus longuement, et dans sa réponse je lis l’absolue vérité: mon sentiment d’insécurité, totalement injustifié et pourtant présent en permanence en voix off de notre relation. Nous avions du mal à nous comprendre, et au lieu d’atténuer la distance, j’ai mis à jour les failles pour les triturer comme des plaies qui devaient devenir encore plus douloureuses.
Je ne sais pas pourquoi j’agis ainsi. Peut-etre que je voulais que cette relation s’arrete, parce que je ne pensais pas pouvoir lui apporter ce qu’elle attend. Je l’aime, mais ai-je envie de fonder une famille. Elle m’a tant apporté, tant aimé et donné, aurais-je été capable de lui apporter en retour. Il semble que je ne sois pas encore pret, et que je n’aie pas su me l’avouer à moi-meme. Sans doute l’a-t-elle senti, et ce non-dit est une breche qui chaque jour s’entrouvrait de plus en plus. Le conflit s’est porté ailleurs mais là se trouvait l’épicentre.
Elle m’a obsédé, chaque minute depuis notre premiere rencontre, au point que chaque geste, parole ou absence de parole était amplifié et interprété, souvent de façon erronée. J’ai clairement été injuste. Mais il y avait une raison, non pour l’injustice, mais pour sa source.
Dans le restaurant où j’ai diné, une fille lui ressemblait tellement, je n’arretais pas de la fixer. Elle dinait avec une copine, comme Sz l’aurait fait, pendant que j’étais en train de m’imaginer n’importe quoi. J’ai raté qq chose. Tristesse.
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