Innocences

Entrée de juin 2009

5:50am

juin 9, 2009 · Laisser un commentaire

Je me réveille au milieu de la nuit et pense à elle, m’imagine qu’elle dort avec quelqu’un d’autre et d’un coup ma poitrine se fige et mon cerveau se fige, j’essaie de rationaliser en me disant qu’il faut qu’elle connaisse quelqu’un avant de -, que je m’imagine toujours n’importe quoi, j’entends sa voix indifférente me dire “i’m trying to get over it… and so far i’m doing quite well” comme il y a un mois,

mais au final je n’ai aucun pouvoir sur ce qui arrive ni sur elle, je ne peux juste que bouillir dans un coin et chercher juste à me détendre, à reprendre le cours de ma vie sans écouter cette vibration douloureuse, faire le deuil de cette relation.

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Ouvrir les yeux apres une nuit sans sommeil

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

Un weekend a maintenant passé, et au lieu de s’atténuer le manque est encore plus vif. Je ne suis capable de rien, je n’ai meme pas pu dormir la nuit derniere, trouvant un somme agité seulement vers 8h du matin, avant d’etre réveillé par les coups de marteaux dans l’appartement du dessus. C’est un jour pâle, moite, je n’ai gout à rien. Son dernier mail date d’il y a à peine une demie heure, une réponse brève, sans émotions ni sentiment, écrite en 8 secondes, mais quand meme une réponse, un soupçon de dialogue. Je ne vais pas bien, je n’ai rien à faire si ce n’est rebatir mon futur sans elle et je pourrais autant sauter par la fenetre avec le meme enthousiasme. Encore une fois je ne le ferai pas, conscient qu’il y a encore beaucoup de bonheur pour un chanceux comme moi, dont l’ennemi est simplement enfoui et pour l’instant insaisissable.

Durant la nuit j’ai fini Revolutionary Road où j’ai retrouvé ce drame muet qui se joue au jour le jour, les non-dits et les attentes d’un couple qui s’éloigne ; à défaut de s’éloigner des autres ils en viennent à s’éloigner l’un de l’autre et à faire surgir la haine là. Si je pouvais etre indépendant de l’amour… mais comme l’avait dit Bruno,  j’ai le besoin d’aimer. Pendant ma période de célibat j’ai eu plus de filles que la plupart des hommes durant toute leur vie. Mais aucune d’entre elles ne me donnait envie de passer la journée avec elle, de prendre le bateau et de tenir sa main, d’admirer ensemble la pureté d’un paysage. Sz fut la premiere apres N, et l’étincelle a enflammé ma vie avant de la consumer, si vite, sur une porte claquée.

Reprendre son baton de pelerin, comme disait mon père ; comme je le comprends. Ce sentiment vain du baratinage, les memes phrases répétées à celle que l’on ne désire que dans son lit mais pas dans sa vie. Du blabla pour rassurer sur ma virilité, sur ma capacité à bien séduire et bien baiser, parce que dans ces brefs moments le reste s’oublie. Trouver parmi toutes celles qui le souhaitent celle qui me convient. Je n’ai meme pas envie de ça. J’ai envie d’etre face à Sz, de la serrer dans mes bras, de revoir le jour se lever depuis sa chambre. De revivre le sexe, l’amour et les rires. De marcher à côté d’elle dans la rue, de l’aider à descendre les marches sur ses talons hauts, de l’embrasser dans l’ascenceur, de voir dans le regard des gens quel beau couple nous formons. Tous ces souvenirs aujourd’hui se sont figés et réduits jusqu’à tenir dans le creux de mon poing, dur comme un coeur sans avenir.

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L’après Sz, jour 1

juin 6, 2009 · Laisser un commentaire

Pénible jours, extremement pénibles. Apres notre dispute hier soir, lors de laquelle j’ai donné un violent coup de pied dans une porte vitrée près de l’escalator de Central sous le regard médusé des piétons de 21h, après l’avoir traitée de folle et claqué la porte du taxi, je suis sorti voir les manifestants du 6 juin (tien an men) à Victoria Park. Restant là dans la foule, je ne regrette pas, je ne suis pas triste, c’est encore trop tot, mais je vibre sourdement comme apres un choc trop brutal. Plus tard je marche dans les rues la tete vide, cherchant une réponse dans les yeux des immeubles, dans les attitudes des passants. Pourquoi cela coince-t-il. Pourquoi ne suisje pas capable de la comprendre, de lui faire confiance, de l’aimer simplement.

Aujourd’hui, ce matin, elle m’a effacé de ses amis fb, je lui demande de venir récupérer ses tableaux stockés dans mon bureau, elle vient, nous sommes capables d’agir normalement, sans colère, et alors qu’elle va partir, le caretaker vient discuter avec nous, inconscient du drame muet qui est en train de se dérouler. Il m’a montré un article de journal où des photos le montrent en train de jouer une sorte de mandoline et différents instruments. Il dit qu’il va jouer pour moi, qu’il m’aime bien. Je hoche la tete sans un mot, lui fais comprendre qu’il doit nous laisser seul, il s’éloigne, nous nous approchons l’un de l’autre et je la serre dans mes bras, lui embrasse les cheveux. Un court instant, une puissante tendresse, frémissement. Puis elle part, le regard vide à travers la fenetre du taxi.

Quelques heures plus tard elle veut que je signe un papier où je certifie ne pas utiliser les photos que j’ai prises d’elle, nue. Je la traite encore de folle, de paranoiaque, comme si je pouvais un instant penser à distribuer ces photos sur fb ou n’importe où, comme si je pouvais lui faire ça, à elle. Elle veut aussi voir ma clé usb, mon portable, mon appareil photo, tous les endroits où j’aurai pu copier ces photos. La scene se finit dans la rue, face au mtr fortress hill, je lui tourne le dos une derniere fois.

Plus tard je lui envoie un long mail, elle me répond encore plus longuement, et dans sa réponse je lis l’absolue vérité: mon sentiment d’insécurité, totalement injustifié et pourtant présent en permanence en voix off de notre relation. Nous avions du mal à nous comprendre, et au lieu d’atténuer la distance, j’ai mis à jour les failles pour les triturer comme des plaies qui devaient devenir encore plus douloureuses.

Je ne sais pas pourquoi j’agis ainsi. Peut-etre que je voulais que cette relation s’arrete, parce que je ne pensais pas pouvoir lui apporter ce qu’elle attend. Je l’aime, mais ai-je envie de fonder une famille. Elle m’a tant apporté, tant aimé et donné, aurais-je été capable de lui apporter en retour. Il semble que je ne sois pas encore pret, et que je n’aie pas su me l’avouer à moi-meme. Sans doute l’a-t-elle senti, et ce non-dit est une breche qui chaque jour s’entrouvrait de plus en plus. Le conflit s’est porté ailleurs mais là se trouvait l’épicentre.

Elle m’a obsédé, chaque minute depuis notre premiere rencontre, au point que chaque geste, parole ou absence de parole était amplifié et interprété, souvent de façon erronée. J’ai clairement été injuste. Mais il y avait une raison, non pour l’injustice, mais pour sa source.

Dans le restaurant où j’ai diné, une fille lui ressemblait tellement, je n’arretais pas de la fixer. Elle dinait avec une copine, comme Sz l’aurait fait, pendant que j’étais en train de m’imaginer n’importe quoi. J’ai raté qq chose. Tristesse.

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szewan, la fin

juin 5, 2009 · Laisser un commentaire

Voilà, une belle histoire qui se finit, je ne sais pas trop comment. Nous discutions de cet été, elle me dit que ce n’est pas “thrilling” pour elle de venir en Europe, d’aller à venise tous les deux pour la biennalle, qu’elle ne veut rien avoir à faire avec l’anniversaire d’anh ly fin juillet… bref tout s’écroule et je redescends sur terre. Quatre mois de plaisirs, une incomprehension latente, qui est elle, que veut-elle…

elle — j’”ecrirai plus tard, là je suis trop n’importe quoi, 5h du matin je reviens de wanch et je n’ai pas la tete à réfléchir

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souvenir de 99

juin 1, 2009 · Laisser un commentaire

salut Paul !

(…)

le premier jour je me suis senti seul et je l’ai mal
vécu. Si on m’avait proposé de rentrer tout de suite,
j’aurais hésité. Bien sur je ne l’aurai pas fait, je
sais que c’aurait été idiot, mais j’avais le ceur
serré…

Saigon n’a pas changé depuis mon dernier voyage, il y
a 6 mois. Ce qui est différent maintenant est la
vision à plus long terme qui est la mienne ; je ne
suis pas là pour quelques jours mais pour quelques
mois, et je suis seul, je ne visite rien, je suis un
promeneur solitaire dans une ville de 6 millions
d’habitants.
J’habite dans un joli quartier à l’écart du centre
ville et des touristes, je suis le seul étranger à
passer dans la rue. En plus nath m’a décoloré les
cheveux avant de partir, je suis blond-orange
maintenant, donc on me regarde 2 fois plus !

Je vis un peu comme un moine, je ne sors pas, je ne
me bourre pas la gueule, je fume un seul joint le
soir pour m’aider à… soit dormir soit écrire.

Je me sens bien désormais, j’ai pris conscience qu’il
ne fallait pas regarder en arrière, me morfondre etc
mais mettre pleinement les pieds dans le présent et
préparer le futur.
Je bénéficie d’une liberté complète, aussi bien de
mouvement que dans le temps. Je n’ai rien de prévu ce
soir ni demain ni la semaine prochaine, j’occupe mes
heures comme bon me semble, je ne perds pas mon
temps, je le passe : chaque seconde a une saveur que
je peux enfin apprécier.  Je n’ai pas de journée
typique, pas d’horaires, pas de contrainte (et tu
sais pourtant combien je me sens contraint pour un
oui ou pour un non) : quand je me lève je prends mon
petit déjeuner, soit dans ma chambre soit dehors.
J’habite au 2eme étage d’un mini hotel et sur mon
balcon fleurissent des plantes exotiques. Après une
douche, je lis, ou bien je vais me promener dans le
coin, faire quelques courses : je n’ai pas peur de
prendre une heure pour aller acheter des piles,  ou
pour oublier de les acheter, j’irai plus tard, j’irai
demain ; enfin j’irai quand bon me semblera…

Le jour passe, lentement, mais je ne m’ennuie pas. Je
discute avec des viets, je lis (en ce moment les
Confessions de JJ Rousseau, je te le conseille
vivement), je prends des cafés au lait glacé sur des
terrasses, à l’ombre de palmiers, je passe des heures
en contemplation dans la rue et je goute des saveurs
sur les marchés. J’ai acheté un plan de Saigon, mais
je ne m’en suis pas encore servi : je marche sans
but, m’arrête là où je sens l’envie, et quand je veux
rentrer je rentre, rien de plus.
Je mange dans des restaurants simples, pour 7-8
francs, c’est délicieux – plus que le plat,
l’atmosphère – et le soir je lis encore et encore,
parfois j’écris, parfois je reste assis dans un
fauteuil à regarder le mur.

Une soupape s’est ouverte dans mon cerveau, je me
sens neuf – et frais. Je n’écris pour l’instant que
ce qui me passe par la tête, mais je sens que je suis
en train de muer ; je perçois un bouillonnement
léger, toutefois présent et permanent, il me semble
travailler sans travailler, c’est a dire que je
focalise un peu plus mon projet, je l’affine,
j’explore des voies nouvelles. Ce travail ne
s’effectue pas seulement quand je suis devant une
feuille, mais à chaque instant. Je peux être dans la
rue, en train de boire un café, plop, une idée
surgit. Je n’ai pas besoin de la noter, je controle
tout ca a la perfection, je construis et élague en
permanence. Puis rien pendant quelques heures, avant
un nouveau signe, une nouvelle porte -

Tu vois, mon principal travail pour l’instant est de
déblayer ce cerveau qui sort enfin de sa torpeur.
Ici, il est libre de sensation, il n’a aucune limite
ni dans le temps ni dans l’espace. Il bouillonne en
permanence et sans retenue, c’est une impression
extraordinaire, comme d’ouvrir de nouvelles « portes
de la perception ». Bien qu’extérieurement je reste
calme, à l’intérieur je suis euphorique, je suis à
peu près sûr que j’y arriverai ; en ce moment mon
corps se gonfle de l’énergie nécessaire, je me
connais une volonté fébrile, le sentiment d’être sur
un volcan, le sol vibre sous mes pieds, j’attends son
explosion, j’attends, je sais que c’est là… c’est
merveilleux.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est très clair ;
je suis dans un endroit bruyant, il y a des gens qui
parlent fort, impossible de me concentrer et
d’écrire, surtout que je n’aime pas taper sur cet
ordinateur.

Je t’embrasse aussi – en ce moment ca doit être mort
au b** non ? Raconte moi ce que tu deviens – les
femmes, TA femme, et je ne parle pas d’écriture ;
quand je suis là, tu marches à 10% de volonté, alors
j’imagine que maintenant qu’il n’y a plus personne
pour te surveiller…

Allez, dis bonjour à tout le monde de ma part -

Ouf, après toi j’arrête, je retourne me meler au
gouffre de Saigon

Ciao bello -

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