Innocences

à quatre jours du

juin 26, 2008 · Laisser un commentaire

aujourdhui la classe de bébé nous invitait à voir ce qu’ils avaient appris tous ces jeudis soirs en cours d’anglais. Elle était si attendrissante à chanter et répondre aux questions de la maitresse en tendant bien haut le bras droit, elle nous jetait des regards amusés ou d’une idée de bétise à dire. Je la filme avec mon téléphone. nathalie porte une très belle robe d’été, elle a l’air heureuse. ensemble nous sommes brillants, séparément aussi, nous sommes différents, qq chose qui n’est pas commun à la plupart des gens, un air noble, bienveillant, souriants.

je me sentais mal, si mal, avant et après; en y allant, dans le métro une sensation vibrait sourdement dans ma cage thoracique, plexus. je me suis forcé à respirer, à me concentrer sur la rive paisible de mon souffle. pendant l’heure d’anglais, mon coeur rayonnait en regardant bébé et les autres enfants si charmants chanter What’s your name My name is (   ) Hello (    ) , et demander de l’un à l’autre “What color is this? — This is red (nous avons tous les trois ri quand elle a eu la carte RED, ce mot qu’elle n’arrivait pas à intégrer et que je lui ai fait répéter 100 fois).
Bébé aime courir, est pleine d’énergie, elle ne peut pas marcher dans la cour, elle sautille, elle est beaucoup plus vivante qu’à la maison où elle rechigne pour sortir.
Ces dernieres semaines nous avons fait plusieurs cours/fetes de fin d’année. Il faut que je m’arrange pour etre à paris pendant cette période.
En sortant du cours, je l’enlace, la serre fort et embrasse son cou. Puis elle s’éloigne avec son cartable rose. Je me retourne, j’ai envie de fondre en larmes. Je suis dans la rue, elles ne viennent pas, je tourne à l’angle, branche mon mp3 ; bientot la musique, les passants, le sol n’apparaissent plus ; je marche seul boulevard Voltaire à 6h du soir, la rue est déserte et silencieuse. Je descends dans le métro, monte dans un wagon, m’assieds sur un siège. A travers une fenêtre je regarde des quais puis des tunnels qui défilent. Il n’y a personne sur les quais, les portes ne s’ouvrent pas. Le métro me dépose à République. Je monte les escaliers à côté d’un type à la peau rouge et qui cache un couteau dans sa main gauche fermée je vois le bout du manche. Je ne marche pourtant pas plus vite, remonte à sa hauteur et le dépasse lentement, centimètre après centimètre, de façon presque provocante. Je n’ai pas envie d’accélérer, je n’y pense meme pas, j’ai presque envie qu’il veuille me menacer, pour que je puisse me défouler sur lui, un petit fight club dans un couloir de métro, que je perde ou gagne.
Puis en ouvrant la porte du bureau, voilà, je pleure.

à quatre jours je bugge complètement, j’arrive dans un goulot d’étranglement où la proposition pour ESE HK traine, je glande sur l’ordi des heures, je ne fais RIEN et vois arriver le mur en paniquant sur place. Demain matin petit déménagement, je sens que je ne vais rien bouger, si ce n’est les archives de CS que j’emmene chez Yami. Oh je sais bien que j’arriverai à tout faire, et que j’arriverai exténué dans l’avion. Et je sais aussi que lorsque les portes de l’avion s’ouvriront, je bondirai dans la ville, le cerveau enfin déparisianné, nettoyé, libre, frais !

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