chez Emilhomme un appareil crépille. Il est plus de 2h du matin et la machine non identifiée couine dans le salon à intervalles irréguliers.
Weekend dernier parfait. Bébé, mon père & moi sommes sur une vaste plage, il fait beau, nous faisons voler des cerfs volants dans le ciel bleu. Chaque enfant a eu droit à un cerf volant de papier vierge et des feutres pour le dessiner. Bébé a fait un motif à quatre losanges oranges et verts. Nous l’avons fait décoller, dérouler le fil et s’envoler de plus en plus loin de nous. Plus il s’éloignait plus il semblait grandir.
A 16h, tous les enfants furent invités à faire voler leurs créations en meme temps. Merveilleuse vision de ces dizaines dessins d’enfants flottant sur fond immaculé, soleil en plein phare, bercés par le vent paresseux. Une scène à voir accompagnée d’un bel canto tragique.
Ensuite tour de poney. Mon père nous a attendu accoudé à une barrière à côté d’une fille un peu sexy, avec de grandes lunettes de soleil. Sur les planches, les familles de classe moyenne et bourgeoise se promenaient avec le sourire du printemps. Cet espace dégagé accroit la densité de l’air. J’aime cette torpeur, parfois.
Revenu en France. A paris j’ai 45 ans, à HK j’en ai 25. Ici je pèse 10 kilos de plus, je ne suis pas léger. Mes gestes sont contraints, gênés, je n’ose pas trop regarder mon voisin de métro. Je préfère caresser la touche >>| de mon lecteur mp3 pour qu’il avance au morceau suivant, pour changer l’émotion de la scène. Je suis sous terre ou au fond d’un bureau. Je n’ai jamais l’occasion de promenade mélancolique au bord d’une mer. Comparée aux fleuves d’ailleurs, la Seine est un ruisseau où ne passent que des lentes embarcations rouillées.
Dans l’avion du retour (15/4), plein de philippins jusqu’à doha, se rendant certainement à dubai, puis de doha à paris, beaucoup de vietnamiens qui ont adouci la transition. Je fascine sur le documentaire Arbres, déjà vu mais toujours
Les visages des francais à coté, leurs mines fatiguées, leurs vetements froissés, … Je me demande où est l’élégance, la hauteur d’esprit dont les Francais se réclament ? dans le taxi radio de manifestations, comme d’habitude je craque en silence. Je fais ce que j’ai à faire, quelques jours passent, dix jours et je m’apercois un beau matin que je suis finalement sonné — alors je reprends mes esprits et repars en marche organisée.
Dans le monde les émeutes de la faim, trentetrois pays, des trucs passent à la télé, des nouvelles sans importance, mais les victimes quotidiennes systematiques ne sont meme plus un bruit de fond. Je passe beaucoup trop de temps au telephone avec ph, mais elle est mon lien le plus intense avec l’asie. La premiere image du vietnam qui me vient à l’esprit, c’est l’ombre des paletuviers dans les rues de saigon.
Vendredi je parle à Bruno qui me conseille de le faire,
Samedi j’en parle à JeanPaul qui me conseille de le faire,
Lundi je recois un mail d’Annie qui me propose un bureau,
Lundi, 28 avril (04) 2008, je me décide, je me sens libéré
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