Innocences

Entrée de février 2008

bel canto

février 27, 2008 · Laisser un commentaire

je pourrais vivre dans un opéra de puccini, être le ténor qui chantillone d’amour pour la soprano sous l’oeil grave du baryton qui me poursuivrait de son courroux, jusqu’à ce qu’il m’assassine ou elle, ou nous tous ensemble en choeur tragique (mais tellement bo bo bo)

aujourd’hui journée à rien,
         rencontre avec une concierge qui règne toute puissante sur un immeuble à propriétaire unique et qui pourra sans doute me trouver un appartement, puisqu’elle le gère en toute confiance, elle m’a trouvé calme, charmant, 
         échanges de regards avec la magnifique Charlene mais pourquoi ai-je toujours en la voyant l’impression qu’elle est poilue, réflexe pavlovien horrible,
         discussion avec Anaïs sur l’expérience commune, elle trouve que c’est une “chouette idée” et elle “espère en discuter autour d’un verre” –anais est virtuelle, elle vient d’ouvrir, à 25 ans, sa galerie, je suis tombé dans technikart sur le tableau du premier artiste qu’elle expose et je me suis arrêté plusieurs minutes dessus ; et le soir je la meetic, coincidence
         cours de mandarin, je peux dire un nombre de conneries hallucinant, l’impression de me retrouver au lycée, ils s’amusent ; nous dînons tous ensemble à belleville dans deux semaines, ils voulaient un resto chinois pour rester dans le trip, je leur proposais le resto juste à côté, il st bon, pas cher, ambiance tamisée et la porte à côté — non non ils veulent marcher juskà belleville et manger chi-nois, histoire de garder une cohérence à ce qu’ils font, bref je suivrai et je boirai du whisky-thé en chantant sur le karaoké — d’ailleurs je pourrais inaugurer Shanghai Shanghai mon tube de la décennie
           (à la radio, après un “carpaccio italien” poussif de tchaikowsky –les russes comme les allemands adorent les cuivres et les cymbales et les chevauchées à travers les plaines d’europe centrale — maintenant j’écoute La Bohème où il est évident que le lyrisme ne se déplace qu’en élans du coeur)
          après le cours je rappelle Valérie, malade au fond de son lit, aucune envie de me montrer ses estampes cambodgiennes, et finalement Nathalie qui me dit qu’elle a faim et nous retournons à la gazetta qui fut un bon moment au passé proche; j’arrive avant elle et commande un negroni (orthographié negrony comme chez jclaude vandamme) que je déguste au téléphone — ce restaurant est plein de gens branchés habillés en noir avec des grosses lunettes, ok, comme moi, sauf que je ne suis pas du tout branché, que le noir d’aujourd’hui est une flemme du placard, et encore moins branché homo comme ce type qui me glousse que j’ai une jolie voix, et qui traine à une grande table de clones saupoudrée de quelques thons bien habillés –c’est la fashion week, sortons les plumages d’apparat, poussons des rires de champagne
        pendant le dîner ce con de été s’invite dans la conversation et –bimbam, quelques larmes au tapis
       ensuite, pourtant, elle me dit que je suis toujours aussi sexy et brillant
       en rentrant je n’ai qu’envie de sortir, Sylvia me chope sur msn et me donne le pseudo de sa meilleure amie, lao-viet, que je dois absolument rencontrer et séduire parce qu’elle le vaut bien, sa photo représente un visage effectivement ethnie lao, joli sourire assis sur une botte de paille qq part en beauce — attention, me prévient Sylvia, elle n’est pas comme moi, elle ne couche pas avec n’importe qui ! — je lui réponds Ah, j’aurai peutetre ma chance alors

(souvenir) J’ai rencontré Sylvia qq part sur internet, un soir de 2007, une métisse asiat-black, et apres qq échanges tout à fait respectables nous avons décidé de sortir, elle avait envie de danser, j’avais envie de son; je suis allé la chercher en jaguar en banlieue sud, je l’ai attendue plusieurs minutes silencieuses au bas de son immeuble de briques dans une rue sombre en me demandant si ses freres et copains n’allaient pas sortir me dépouiller, ma bague dragon brillait de la lumière du seul réverbère de la rue, je pensais qu’elle pouvait devenir ma tristessa kerouackienne, mais quand elle est apparue j’ai su qu’elle ne le serait pas, un truc chimique, ce qui ne nous empechait pas de passer une bonne soirée — queen, elle danse de la première minute jusqu’à la dernière heure, je la regarde vaguement en alignant les rhum, vodka, sans pouvoir etre vraiment ivre mais hypnotisé par les bpm les lumières, comme d’habitude je m’enclos dans le rythme et pars en digressions hautes sans queue ni tete. Parfois Sylvia revient vers moi lorsqu’un type l’approche de trop près, j’envoie au boulet un regard de mâle dominant, un non sourire, et il range son zizi ; nous échangeons peu de mots, je n’ai pas envie de parler, je voulais juste être là, me faire assommer par le son. A six heures au lever du jour je la raccompagne. Tu ne t’es pas trop ennuyé ?  Non, super, exactement ce dont j’avais envie. Quelques jours plus tard elle me dira que je suis le type le plus étrange qu’elle ait jamais rencontré. Merci.

stop, il est 3h19 et la radio diffuse un opéra russe encore, shostakovich — c’est trop.

Catégories : Toujours

jusqu’à minuit

février 25, 2008 · Laisser un commentaire

Résumé des épisodes précédents:

jeudi soir je chope Cang, il essaie d’éviter mais je le rechope et je l’entraine diner et je lui dis tout ce qu’il n’a pas envie d’entendre et que pourtant il se crie tous les jours, à chaque minute de la vie qu’il n’est plus en train de mener. Je lui dis tout ce que j’ai senti et tout ce que j’ai vu, et Cang a avoué avec ses yeux et le sourire de celui qui est pris sur le fait. Je crois que ca lui a fait du bien, il a même payé l’addition, j’attends.
Ensuite 22h je prends le métro vers le palais de tokyo pour voir Loris Greaud seul, sur fond de mix, mais au même moment un peu plus loin, un type se jette sur les rails, sans voir sans doute qu’une rame arrivait. Accident voyageur qui nous empeche de voyager, tout le monde descend, je repars en sens inverse car j’y pressens un signe. Comme il est trop tot pour qu’elle soit couchée, je marche lentement, mes pas me poussent vers le XO et sa terrasse. Quand j’arrive, au moment où je m’assieds, deux vieux couples (parents, fille et copain) avaient jeté leurs dévolus sur ma table, je sors le sourire de james bond et leur propose de me joindre à eux, dans un coin, je revasserai, je ne vous dérangerai pas, … ils acceptent sans problème, on amène deux chaises supplémentaires et nous passons les commandes. Je me retrouve donc à leur table, dehors, je remarque dans le reflet de la vitre que la lune est quasiment pleine, ronde audessus de la crete des immeubles, lumineuse sur l’arrière-plan bleu pétrole,
et à côté de la lune, Lou est apparue, de dos je l’ai reconnue instinctivement, ses cheveux raides et son dos droit. Après 5 minutes elle me voit et ensuite se retourne fréquemment. Je me fais plaisir, la lune est magnifique.

 vendredi séb s’est fait plaquer par sa charmante copine et voulait nous voir et finalement n’a pas eu le courage, au milieu de son désespoir — t’inquiète seb, on se remet de tout // premiere fois que… après le diner le portable sonne. je suis seul avec nathalie, nous discutons après avoir diné. Karine sort du cinéma, estce que je suis disponible pour prendre un verre? où estu ? juste à côté. ok, on se retrouve dans 15 minutes — je reviens m’asseoir à table. je lui ai déjà parlé de karine; pourquoi cacher quelque chose qui n’existe plus ? nous parlons encore un peu – puis j’y vais. nathalie s’approche de moi, elle me demande de la serrer dans ses bras. Elle sanglote contre mon épaule, je caresse son dos.
Au détour de la discussion Karine a une de ses intuitions géniales et définit la colonne vertébrale de mon travail artistique.

samedi “Des idées,  tu en as, tu en as des centaines, donne-les, partage-les. Quand bien même elles seraient reprises, celui qui les utiliserai avec sa propre manière et elles seraient différentes de ce que toi, tu aurais fait. Ne t’inquiète pas, ceux qui volent des idées sont ceux qui n’en ont pas, et toi tu en auras toujours”

Je ne me suis jamais inquiété à vrai dire, pourtant sans réticence je me laisse prendre en main par cette charmante femme dont j’ai oublié le prénom –Lydia– et qui me fixe dans les yeux depuis plus d’une demieheure. Nous sommes assis loin l’un de l’autre et notre conversation traverse le cercle où se croisent et se parallèlent d’autres propos tout aussi importants pour ceux qui les expriment. Je bois mon champagne préféré, l’appartement banalement design donne sur la mairie du 3e arrondissement. Je l’entends à peine, la déchiffre juste, je pense que ce sera suffisant pour ce soir.

Lydia a probablement un age que je ne tolèrerai pas (un peu plus que le mien), et cache sous sa robe ample les excès des mois d’hiver. D’un bref regard j’ai réussi à apercevoir sa taille lorsqu’elle s’est levée, et ai alors décidé que je n’irai pas plus bas que les yeux, et son visage agréable, un regard biais sexy malgré tout, et une certaine classe des femmes juives. Ne te laisse pas piéger par sa voix.

Ce soir nous sommes peu nombreux et pourtant pas mal de personnalités. Lui “vend des voitures”, on le sent gêné de parler de son travail, mais il montre volontiers son iPhone et balance des vannes plutôt fines. Il est venu avec une fille qui a le regard d’une salope mais dont on apprendra plus tard qu’elle n’a jamais “utilisé la porte de derrière”, ce qui m’étonne; même pas essayé ? Elle est aussi incollable en séries télé américaines. Elle excite ma libido à 70%, puis 65, puis 55, puis 40, et ca ne fait que se casser la gueule jusqu’à ce que je trouve la cheminée plus belle qu’elle, parceque muette. Et lui, comment il… ahoui, impossible de l’orthographier correctement, à oublier, et lui, mon pote, mon futur pote, à long terme, c’est bizarre je le ressens,

et il y a aussi, ah, … il y a aussi les seins débordants, explosants, dépigeonnants, déexhubérants de,, je ne sais plus,, je n’ai meme pas regardé son visage. Captivé par les mouvements de leur rondeur et leur hauteur –compressés ils remontaient parfois jusqu’à son menton– j’en oubliais, lorsqu’on me l’a présenta, “elle est la fondatrice de (…)” avec le regard pressant comme s’il s’agissait d’une marque que je devais absolument connaitre –ah, d’accord, souris-je et du coup eux aussi,

et quelques autres personnes dont il est trop tard pour parler.

bientôt la musique n’est plus que 0 et 1 enlacés, je fume, fume sans que la fumée ne fixe ma conscience, et je ne veux en aucun cas me fixer sur quoi/qui que ce soit. Je médite dans le bruit, j’anti-médite et auto-digère, je parle aussi, je les fais rire, sourire, plisser des yeux, je les fais me donner leurs cartes de visite et je tiens double conversation, extérieure et intérieure, je développe et sexise le concept trouvé avec karine vendredi tout en dissertant sur les différences fondamentales entre les cultures asiatiques, européennes et américaines, le culte du héros, McCain,

je pense à annabelle et j’envoie une pensée qui ricoche contre le toit de la mairie et s’élève en trajectoire 1.6, direct, je bois et n’arrive pas à être ivre, me viennent en esprit des épanchements romantiques, je me renverse dans, hors du fauteuil la tête en arrière, les yeux révulsés par le vide, ma gorge ouverte d’où se déverse un flot de pensée liquide et bouleversant.

Catégories : Toujours

3e nuit dans la cave

février 6, 2008 · Laisser un commentaire

Troisième nuit dans la cave , pfff soupir d’abord, puis élan,

je ne mérite pas ça; rentré ce soir vers minuit, pas envie de passer la soirée avec elle, dès le carrefour de la rue de montreuil je ressens une pression qui me repousse de la maison, de ce qui fut ma maison. Plus j’approche de l’immeuble plus mon coeur se serre et je fais la moue, ma machoire se contracte.

j’ouvre la porte et aucun mot de m’attend. à l’intérieur c’est pareil, je longe le couloir, tourne dans le petit salon, passe la tête dans l’angle du plexiglas. Elles dorment profondément, le souffle lent et calme. Anhly a dégagé la couette et comme d’habitude son tshirt remonte audessus du nombril. J’ai envie de l’embrasser. Mes yeux frissonnent. Je m’agenouille à coté d’elle, penche la tête vers son visage et dépose un délicat baiser sur son cou tourné. Elle ne bouge pas, n’a rien senti. Je remonte mes lèvres vers la rondeur de ses joues, mon nez se niche sous son oreille. Mon bébé…

A côté nathalie occupe le lit en travers, semble apaisée. quelle chance elle a de dormir toujours bien. Pourquoi estce que je ne ressens plus rien à sa vue, ni de son visage ni de son corps. Nos corps sont fatigués. Meme son été ne peut rien y faire, de larges bourrelets ceinturent son ventre, des cernes alourdissent son regard, elle a hate de sortir de l’hiver et moi j’ai hate de sortir de sa vie; notre couple résonne aujourd’hui comme un malentendu.

J’etais son rêve de jeunesse et elle fut ma dernière mère.

Aujourd’hui elle rentre dans sa phase de maturité, malgré ce qu’elle dit abandonne son attitude légère et se consacre à sa réussite matérielle. Ses moments de spiritualité devront se dérouler dans le spa d’un palace étranger.
De mon côté je vais travailler aussi, beaucoup, mais en direction de l’art contemporain. Je questionnerai les excès d’une horreur paradoxale et quotidienne.

Ce qui m’arrive est difficile mais nécessaire et magnifique. je ne vis que pour ces instants de désespoir dont la douleur finalement s’estompe après quelques jours, semaines. Ce sont des pics qui me transpercent l’abdomen, me font hurler en pleurs, mais aussi réagir, rebondir, il faut que je frappe, unefois, que je laisse la colère se porter endehors de moi-même, et l’éclat de cette frappe sera le coup de feu de départ de ma nouvelle histoire.

Génial, on y vient !

Catégories : Toujours