je pourrais vivre dans un opéra de puccini, être le ténor qui chantillone d’amour pour la soprano sous l’oeil grave du baryton qui me poursuivrait de son courroux, jusqu’à ce qu’il m’assassine ou elle, ou nous tous ensemble en choeur tragique (mais tellement bo bo bo)
aujourd’hui journée à rien,
rencontre avec une concierge qui règne toute puissante sur un immeuble à propriétaire unique et qui pourra sans doute me trouver un appartement, puisqu’elle le gère en toute confiance, elle m’a trouvé calme, charmant,
échanges de regards avec la magnifique Charlene mais pourquoi ai-je toujours en la voyant l’impression qu’elle est poilue, réflexe pavlovien horrible,
discussion avec Anaïs sur l’expérience commune, elle trouve que c’est une “chouette idée” et elle “espère en discuter autour d’un verre” –anais est virtuelle, elle vient d’ouvrir, à 25 ans, sa galerie, je suis tombé dans technikart sur le tableau du premier artiste qu’elle expose et je me suis arrêté plusieurs minutes dessus ; et le soir je la meetic, coincidence
cours de mandarin, je peux dire un nombre de conneries hallucinant, l’impression de me retrouver au lycée, ils s’amusent ; nous dînons tous ensemble à belleville dans deux semaines, ils voulaient un resto chinois pour rester dans le trip, je leur proposais le resto juste à côté, il st bon, pas cher, ambiance tamisée et la porte à côté — non non ils veulent marcher juskà belleville et manger chi-nois, histoire de garder une cohérence à ce qu’ils font, bref je suivrai et je boirai du whisky-thé en chantant sur le karaoké — d’ailleurs je pourrais inaugurer Shanghai Shanghai mon tube de la décennie
(à la radio, après un “carpaccio italien” poussif de tchaikowsky –les russes comme les allemands adorent les cuivres et les cymbales et les chevauchées à travers les plaines d’europe centrale — maintenant j’écoute La Bohème où il est évident que le lyrisme ne se déplace qu’en élans du coeur)
après le cours je rappelle Valérie, malade au fond de son lit, aucune envie de me montrer ses estampes cambodgiennes, et finalement Nathalie qui me dit qu’elle a faim et nous retournons à la gazetta qui fut un bon moment au passé proche; j’arrive avant elle et commande un negroni (orthographié negrony comme chez jclaude vandamme) que je déguste au téléphone — ce restaurant est plein de gens branchés habillés en noir avec des grosses lunettes, ok, comme moi, sauf que je ne suis pas du tout branché, que le noir d’aujourd’hui est une flemme du placard, et encore moins branché homo comme ce type qui me glousse que j’ai une jolie voix, et qui traine à une grande table de clones saupoudrée de quelques thons bien habillés –c’est la fashion week, sortons les plumages d’apparat, poussons des rires de champagne
pendant le dîner ce con de été s’invite dans la conversation et –bimbam, quelques larmes au tapis
ensuite, pourtant, elle me dit que je suis toujours aussi sexy et brillant
en rentrant je n’ai qu’envie de sortir, Sylvia me chope sur msn et me donne le pseudo de sa meilleure amie, lao-viet, que je dois absolument rencontrer et séduire parce qu’elle le vaut bien, sa photo représente un visage effectivement ethnie lao, joli sourire assis sur une botte de paille qq part en beauce — attention, me prévient Sylvia, elle n’est pas comme moi, elle ne couche pas avec n’importe qui ! — je lui réponds Ah, j’aurai peutetre ma chance alors
(souvenir) J’ai rencontré Sylvia qq part sur internet, un soir de 2007, une métisse asiat-black, et apres qq échanges tout à fait respectables nous avons décidé de sortir, elle avait envie de danser, j’avais envie de son; je suis allé la chercher en jaguar en banlieue sud, je l’ai attendue plusieurs minutes silencieuses au bas de son immeuble de briques dans une rue sombre en me demandant si ses freres et copains n’allaient pas sortir me dépouiller, ma bague dragon brillait de la lumière du seul réverbère de la rue, je pensais qu’elle pouvait devenir ma tristessa kerouackienne, mais quand elle est apparue j’ai su qu’elle ne le serait pas, un truc chimique, ce qui ne nous empechait pas de passer une bonne soirée — queen, elle danse de la première minute jusqu’à la dernière heure, je la regarde vaguement en alignant les rhum, vodka, sans pouvoir etre vraiment ivre mais hypnotisé par les bpm les lumières, comme d’habitude je m’enclos dans le rythme et pars en digressions hautes sans queue ni tete. Parfois Sylvia revient vers moi lorsqu’un type l’approche de trop près, j’envoie au boulet un regard de mâle dominant, un non sourire, et il range son zizi ; nous échangeons peu de mots, je n’ai pas envie de parler, je voulais juste être là, me faire assommer par le son. A six heures au lever du jour je la raccompagne. Tu ne t’es pas trop ennuyé ? Non, super, exactement ce dont j’avais envie. Quelques jours plus tard elle me dira que je suis le type le plus étrange qu’elle ait jamais rencontré. Merci.
stop, il est 3h19 et la radio diffuse un opéra russe encore, shostakovich — c’est trop.