Innocences

demain paris

novembre 9, 2009 · Laisser un commentaire

cet apres-midi, je pars pour paris pendant une semaine

très heureux de revoir bébé que j’aime tant, dont la voix m’émeut chaque fois que nous nous parlons. séances de calins et de GROS bisous dans le cou, mon coeur en tremble.

heureux aussi de revoir mes amis et de passer un moment avec eux. dommage que tous habitent Paris, cette ville dont j’écrivais l’année derniere sur mon portable “rappelle-toi paris en octobre et fais ton possible pour ne jamais retourner y vivre”.
Le seul souvenir de ce paris dessiné en tons de noirs supérieurs à 50%  me soupire mais ce n’est qu’une semaine qui sera vite dépassée.

nouvelles du passé: je sors de deux mois intenses qui remplissent mon compte en banque. apres le mariage de samedi dernier, je n’ai plus aucun projet à court terme.
normalement la vente de l’appartement sera signée pendant mon séjour. C’est le moment pour mettre en route des projets plus personnels dirigés d’un côté vers l’art de l’autre côté par un sentiment avide d’argent pour pouvoir me consacrer à la création. Mes derniers jobs  comportaient une dimension créative et humaine trop légère, je suis en manque.

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août 24, 2009 · Laisser un commentaire

Nous sommes à nouveau revenus ensemble. Life is a rollercoaster, n’est-ce-pas.
Bref recapitulatif des événements passés:
- mercredi son père décède
- jeudi sombre histoire de pilule
- vendredi matin je l’appelle pour lui dire que c’est fini
- des trucs se passent jusqu’à un verre ensemble lundi soir; apres elle m’envoie un sms pour me dire combien elle a été contente de me voir
- il ne lui reste plus de famille et j’ai été son copain fievreux pendant les 8 derniers mois
- mercredi patricia m’ajoute sur msn et me dit combien c’est dommage que -
- vendredi elle demande à me voir, elle veut sortir mais pas avec un type qui va essayer de la draguer. Je l’avertis, pourtant nous finissons dans le meme lit pour un calin qui dérape
- samedi nous déjeunons ensemble au cafe o, puis elle se rend à la cérémonie, nous sommes un moment comme deux bons amis qui n’auraient pas du, mais je lui dis que j’ai à nouveau envie; le soir nous discutons sur msn, elle ne sort pas
- dimanche apres l’incineration de son père, je la rejoins au central pier et nous prenons le ferry pour lamma où nous marchons sur le petit chemin jusqu’à la plage, nous amusant sous un parapluie; un insecte me pique à deux reprises alors que je l’embrasse tendrement les pieds dans le sable ; nous rentrons chez elle et passons une chaude nuit amoureuse, c’est reparti
- aujourd’hui lundi elle est allée diner avec Rzhou qui l’appelée hier dans le ferry du retour. Elle me dit qu’elle a décliné vendredi, samedi et ce dimanche, estce que ca va? C’est le prix que je dois payer pour l’avoir rejetée puis ramenée à moi plusieurs fois, c’est le prix, une soirée, de son amour toujours présent et tendre comme le chant d’un moineau (sparrow). Pendant que j’attends son appel –dès que j’ai fini– je ne peux m’empecher d’etre obsédé qu’elle me quitte finalement, parce que je suis allé trop loin. Je suis totalement obsédé et cela me rend fou, m’empeche de me concentrer, fait revenir mon flot de pensées en permanence vers elle. Ca m’énerve et il faut que j’arrete, tout de suite.

Par ailleurs, je flippe ces jours ci car mon nouveau passeport mentionne mon adresse à HK. Il faut que je trouve quelque chose à dire si on me questionne à la douane, pour ne pas avoir l’air de débarquer ou de mentir, meme si c’est le cas.
Me suis aperçu je pense de plus en plus naturellement en anglais et ca me gene dans la mesure où mon vocabulaire anglais est largement moins étendu que mon voc français, et bien moins subtil. D’où ce retour au blog pour essayer de me détacher. J’ai hate de commencer des cours de méditation, d’ailleurs je vais m’y mettre tout de suite, maintenant sur mon lit, en espérant ne pas m’endormir.

Je viens de regarder sur wikip, j’ai bien les syndromes d’obsessive love. Au moins c’est clair, à moi de changer radicalement et rapidement. Elle est prête à m’accepter, alors j’y vais; je vais devenir responsable et cesser d’agir comme un fou. Ce soir, sentant une gene apres son diner avec rzhou, je passe la voir chez elle. Elle pleure un peu dans mes bras, puis je l’emmene au lit. Elle s’endort, je suis à ses côtés. J’adore.

Estce que ta vie n’est pas comme un opera de puccini ?? Génial, meme si le jeu est dangereux.

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et Tosca arrive…

août 21, 2009 · Laisser un commentaire

Une envie d’écrire ce soir soudain par un temps de panne d’internet sur tout hk, alors que j’étais en train de perdre mon temps ou à peu près. Tant de choses se sont passées depuis la derniere fois que je suis venu ici ; j’ai vécu des choses mais ai-je vraiment vécu quelque chose. 8 mois de liaison intense avec Sw, pour en arriver à constater une impossibilité à nous sentir totalement, parfaitement et perpétuellement heureux et joyeux l’un avec l’autre. Je recherche peut-etre trop, je suis peut-etre subjectif, mais il apparait maintenant, apres bien des crises aller-retours, qu’elle me bug d’une façon ou d’une autre, qu’il y a quelque chose que je ne peux plus supporter dans notre relation, et cela peut venir d’elle comme de moi, mais plus surement de la conjonction des deux. Une relation paradoxale alternant sexe astronomique et tendres coeurs moineaux appuyés l’un contre l’autre… et parfois, certaines cruelles fois, la crise, qui démarre en deux paroles, le gresillement d’un énorme insecte électrique, et explose –souvent, tout le temps, moi.

Je me suis comporté avec elle comme avec aucune autre, je ne me reconnais pas dans ce que je suis avec elle, ces fois-là. Hyper rageur, tremblant, nerfs à vifs et désabusé. Nous avons un probleme de communication, nos corps font facilement des étincelles. Je devrais baisser les yeux, disparaitre comme je peux, et la laisser dire, faire ; me faire la gueule, ou me dire militairement que je suis cruel. Je pourrais meme lui sourire, cela lui donnerait des munitions supplémentaires. Puis elle se calmerait, me dirait “i love you”, et elle sera à nouveau soumise et brulante au lit.

Mais je ne peux pas. Je ne peux pas me coucher et attendre. Je ne peux pas m’énerver et oublier dans l’instant qui suit. Chacun de ces moments fut inutile, basé sur un malentendu, parti de nulle part et n’arrivant nulle part. Des semaines perdues. En meme temps, si je dois etre franc ici comme nulle part ailleurs, je dois aussi avouer que je ne l’admirai pas. N je l’ai admirée pour sa personnalité, sa joie de vivre, sa drolerie,, ensuite Natc je l’ai admirée pour le rayonnement de sa personnalité, son intelligence, sa suractivité. Sw est très élégante, jolie silhouette, elle m’attire irresistiblement dès que je la revois, j’ai envie de lui sauter dessus rien qu’à l’entendre parler. Mais nous n’avons pas les mêmes gouts. Et l’avenir tel qu’elle l’envisage est une route balisée de différentes étapes, comme plusieurs cols à gravir les uns apres les autres, de façon froide, mécanique, comme une liste de courses. En dehors de ce couple sur papier, elle n’envisage d’autres directions que celles que je lui propose. Elle fait les choses lentement, et s’énerve pour rien, a peur de beaucoup de choses. Je pense qu’elle sera femme au foyer auprès d’un mari riche et benoit, avec quelques affaires dans l’art de temps en temps; des déjeuners, des diners, des invitations ici et là. Et une cour de types flirtant autour d’elle.

A l’heure actuelle, elle ne semble pas avoir de vision ni d’objectif. Peut-etre que je viens de m’avouer, avec ce paragraphe, la raison principale de ces crises et de mon comportement inhabituel. Ca ne me rend pas plus serein et encore moins heureux. Je pensais, avec elle, atteindre cet état mais il est maintenant évident que ce n’est plus possible si elle ne me fait pas l’admirer. Je dois aussi aimer. Je ne peux pas vivre calmement sans aimer. Mes six premiers mois à hk, la vie de célibataire était extatique mais au final un peu vaine. J’ai envie de partager plus que quelques verres dans un bar et des nuits dans un lit. Et pour créer cette envie, la fille doit etre spéciale, vraiment unique, je le sais. Mais je veux une belle vie, remplie de beauté et de réussite. Pourquoi pas, pour l’instant, aimer Sw encore, calmement, lui dire petit à petit ma pensée et voir sa réaction, si elle change. Ca serait beau…

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Je m’y mets!

juillet 11, 2009 · Laisser un commentaire

depuis le dernier post, nous sommes revenus ensemble. Une semaine s’est passée pendant laquelle ni elle ni moi n’avons réellement vécu, il était évident que nous ne pouvions nous passer l’un de l’autre.

ensuite je suis parti en france pour 2 terribles semaines où nous avons parlé chaque jour sur skype pendant des heures, je me sentais divisé en deux, à paris avec bébé et à hk avec Sz par webcam interposée.

en france il y a eu des complications pour l’achat de l’appartement, la vente n’a pas été signée à cause de cette histoire de terrasse qui nous empoisonne la vie encore 8 ans après. Je suis revenu avec bébé à hk sans un sou, ce qui m’empeche d’aller au vietnam avec elle et de revenir en france et venise avec Sz comme prévu. Je tente de faire au mieux avec les quelques sous qui me restent, je ne suis pas à l’aise du tout.

Aujourd’hui rangement de l’appart pour remettre de l’ordre dans tout ça, et retrouver des projets. je ne peux pas compter sur l’argent de l’appartement et je me trouve étouffé. Demain anniversaire de Szewan et je dois acheter qq chose. Je m’y mets…

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5:50am

juin 9, 2009 · Laisser un commentaire

Je me réveille au milieu de la nuit et pense à elle, m’imagine qu’elle dort avec quelqu’un d’autre et d’un coup ma poitrine se fige et mon cerveau se fige, j’essaie de rationaliser en me disant qu’il faut qu’elle connaisse quelqu’un avant de -, que je m’imagine toujours n’importe quoi, j’entends sa voix indifférente me dire “i’m trying to get over it… and so far i’m doing quite well” comme il y a un mois,

mais au final je n’ai aucun pouvoir sur ce qui arrive ni sur elle, je ne peux juste que bouillir dans un coin et chercher juste à me détendre, à reprendre le cours de ma vie sans écouter cette vibration douloureuse, faire le deuil de cette relation.

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Ouvrir les yeux apres une nuit sans sommeil

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

Un weekend a maintenant passé, et au lieu de s’atténuer le manque est encore plus vif. Je ne suis capable de rien, je n’ai meme pas pu dormir la nuit derniere, trouvant un somme agité seulement vers 8h du matin, avant d’etre réveillé par les coups de marteaux dans l’appartement du dessus. C’est un jour pâle, moite, je n’ai gout à rien. Son dernier mail date d’il y a à peine une demie heure, une réponse brève, sans émotions ni sentiment, écrite en 8 secondes, mais quand meme une réponse, un soupçon de dialogue. Je ne vais pas bien, je n’ai rien à faire si ce n’est rebatir mon futur sans elle et je pourrais autant sauter par la fenetre avec le meme enthousiasme. Encore une fois je ne le ferai pas, conscient qu’il y a encore beaucoup de bonheur pour un chanceux comme moi, dont l’ennemi est simplement enfoui et pour l’instant insaisissable.

Durant la nuit j’ai fini Revolutionary Road où j’ai retrouvé ce drame muet qui se joue au jour le jour, les non-dits et les attentes d’un couple qui s’éloigne ; à défaut de s’éloigner des autres ils en viennent à s’éloigner l’un de l’autre et à faire surgir la haine là. Si je pouvais etre indépendant de l’amour… mais comme l’avait dit Bruno,  j’ai le besoin d’aimer. Pendant ma période de célibat j’ai eu plus de filles que la plupart des hommes durant toute leur vie. Mais aucune d’entre elles ne me donnait envie de passer la journée avec elle, de prendre le bateau et de tenir sa main, d’admirer ensemble la pureté d’un paysage. Sz fut la premiere apres N, et l’étincelle a enflammé ma vie avant de la consumer, si vite, sur une porte claquée.

Reprendre son baton de pelerin, comme disait mon père ; comme je le comprends. Ce sentiment vain du baratinage, les memes phrases répétées à celle que l’on ne désire que dans son lit mais pas dans sa vie. Du blabla pour rassurer sur ma virilité, sur ma capacité à bien séduire et bien baiser, parce que dans ces brefs moments le reste s’oublie. Trouver parmi toutes celles qui le souhaitent celle qui me convient. Je n’ai meme pas envie de ça. J’ai envie d’etre face à Sz, de la serrer dans mes bras, de revoir le jour se lever depuis sa chambre. De revivre le sexe, l’amour et les rires. De marcher à côté d’elle dans la rue, de l’aider à descendre les marches sur ses talons hauts, de l’embrasser dans l’ascenceur, de voir dans le regard des gens quel beau couple nous formons. Tous ces souvenirs aujourd’hui se sont figés et réduits jusqu’à tenir dans le creux de mon poing, dur comme un coeur sans avenir.

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L’après Sz, jour 1

juin 6, 2009 · Laisser un commentaire

Pénible jours, extremement pénibles. Apres notre dispute hier soir, lors de laquelle j’ai donné un violent coup de pied dans une porte vitrée près de l’escalator de Central sous le regard médusé des piétons de 21h, après l’avoir traitée de folle et claqué la porte du taxi, je suis sorti voir les manifestants du 6 juin (tien an men) à Victoria Park. Restant là dans la foule, je ne regrette pas, je ne suis pas triste, c’est encore trop tot, mais je vibre sourdement comme apres un choc trop brutal. Plus tard je marche dans les rues la tete vide, cherchant une réponse dans les yeux des immeubles, dans les attitudes des passants. Pourquoi cela coince-t-il. Pourquoi ne suisje pas capable de la comprendre, de lui faire confiance, de l’aimer simplement.

Aujourd’hui, ce matin, elle m’a effacé de ses amis fb, je lui demande de venir récupérer ses tableaux stockés dans mon bureau, elle vient, nous sommes capables d’agir normalement, sans colère, et alors qu’elle va partir, le caretaker vient discuter avec nous, inconscient du drame muet qui est en train de se dérouler. Il m’a montré un article de journal où des photos le montrent en train de jouer une sorte de mandoline et différents instruments. Il dit qu’il va jouer pour moi, qu’il m’aime bien. Je hoche la tete sans un mot, lui fais comprendre qu’il doit nous laisser seul, il s’éloigne, nous nous approchons l’un de l’autre et je la serre dans mes bras, lui embrasse les cheveux. Un court instant, une puissante tendresse, frémissement. Puis elle part, le regard vide à travers la fenetre du taxi.

Quelques heures plus tard elle veut que je signe un papier où je certifie ne pas utiliser les photos que j’ai prises d’elle, nue. Je la traite encore de folle, de paranoiaque, comme si je pouvais un instant penser à distribuer ces photos sur fb ou n’importe où, comme si je pouvais lui faire ça, à elle. Elle veut aussi voir ma clé usb, mon portable, mon appareil photo, tous les endroits où j’aurai pu copier ces photos. La scene se finit dans la rue, face au mtr fortress hill, je lui tourne le dos une derniere fois.

Plus tard je lui envoie un long mail, elle me répond encore plus longuement, et dans sa réponse je lis l’absolue vérité: mon sentiment d’insécurité, totalement injustifié et pourtant présent en permanence en voix off de notre relation. Nous avions du mal à nous comprendre, et au lieu d’atténuer la distance, j’ai mis à jour les failles pour les triturer comme des plaies qui devaient devenir encore plus douloureuses.

Je ne sais pas pourquoi j’agis ainsi. Peut-etre que je voulais que cette relation s’arrete, parce que je ne pensais pas pouvoir lui apporter ce qu’elle attend. Je l’aime, mais ai-je envie de fonder une famille. Elle m’a tant apporté, tant aimé et donné, aurais-je été capable de lui apporter en retour. Il semble que je ne sois pas encore pret, et que je n’aie pas su me l’avouer à moi-meme. Sans doute l’a-t-elle senti, et ce non-dit est une breche qui chaque jour s’entrouvrait de plus en plus. Le conflit s’est porté ailleurs mais là se trouvait l’épicentre.

Elle m’a obsédé, chaque minute depuis notre premiere rencontre, au point que chaque geste, parole ou absence de parole était amplifié et interprété, souvent de façon erronée. J’ai clairement été injuste. Mais il y avait une raison, non pour l’injustice, mais pour sa source.

Dans le restaurant où j’ai diné, une fille lui ressemblait tellement, je n’arretais pas de la fixer. Elle dinait avec une copine, comme Sz l’aurait fait, pendant que j’étais en train de m’imaginer n’importe quoi. J’ai raté qq chose. Tristesse.

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szewan, la fin

juin 5, 2009 · Laisser un commentaire

Voilà, une belle histoire qui se finit, je ne sais pas trop comment. Nous discutions de cet été, elle me dit que ce n’est pas “thrilling” pour elle de venir en Europe, d’aller à venise tous les deux pour la biennalle, qu’elle ne veut rien avoir à faire avec l’anniversaire d’anh ly fin juillet… bref tout s’écroule et je redescends sur terre. Quatre mois de plaisirs, une incomprehension latente, qui est elle, que veut-elle…

elle — j’”ecrirai plus tard, là je suis trop n’importe quoi, 5h du matin je reviens de wanch et je n’ai pas la tete à réfléchir

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souvenir de 99

juin 1, 2009 · Laisser un commentaire

salut Paul !

(…)

le premier jour je me suis senti seul et je l’ai mal
vécu. Si on m’avait proposé de rentrer tout de suite,
j’aurais hésité. Bien sur je ne l’aurai pas fait, je
sais que c’aurait été idiot, mais j’avais le ceur
serré…

Saigon n’a pas changé depuis mon dernier voyage, il y
a 6 mois. Ce qui est différent maintenant est la
vision à plus long terme qui est la mienne ; je ne
suis pas là pour quelques jours mais pour quelques
mois, et je suis seul, je ne visite rien, je suis un
promeneur solitaire dans une ville de 6 millions
d’habitants.
J’habite dans un joli quartier à l’écart du centre
ville et des touristes, je suis le seul étranger à
passer dans la rue. En plus nath m’a décoloré les
cheveux avant de partir, je suis blond-orange
maintenant, donc on me regarde 2 fois plus !

Je vis un peu comme un moine, je ne sors pas, je ne
me bourre pas la gueule, je fume un seul joint le
soir pour m’aider à… soit dormir soit écrire.

Je me sens bien désormais, j’ai pris conscience qu’il
ne fallait pas regarder en arrière, me morfondre etc
mais mettre pleinement les pieds dans le présent et
préparer le futur.
Je bénéficie d’une liberté complète, aussi bien de
mouvement que dans le temps. Je n’ai rien de prévu ce
soir ni demain ni la semaine prochaine, j’occupe mes
heures comme bon me semble, je ne perds pas mon
temps, je le passe : chaque seconde a une saveur que
je peux enfin apprécier.  Je n’ai pas de journée
typique, pas d’horaires, pas de contrainte (et tu
sais pourtant combien je me sens contraint pour un
oui ou pour un non) : quand je me lève je prends mon
petit déjeuner, soit dans ma chambre soit dehors.
J’habite au 2eme étage d’un mini hotel et sur mon
balcon fleurissent des plantes exotiques. Après une
douche, je lis, ou bien je vais me promener dans le
coin, faire quelques courses : je n’ai pas peur de
prendre une heure pour aller acheter des piles,  ou
pour oublier de les acheter, j’irai plus tard, j’irai
demain ; enfin j’irai quand bon me semblera…

Le jour passe, lentement, mais je ne m’ennuie pas. Je
discute avec des viets, je lis (en ce moment les
Confessions de JJ Rousseau, je te le conseille
vivement), je prends des cafés au lait glacé sur des
terrasses, à l’ombre de palmiers, je passe des heures
en contemplation dans la rue et je goute des saveurs
sur les marchés. J’ai acheté un plan de Saigon, mais
je ne m’en suis pas encore servi : je marche sans
but, m’arrête là où je sens l’envie, et quand je veux
rentrer je rentre, rien de plus.
Je mange dans des restaurants simples, pour 7-8
francs, c’est délicieux – plus que le plat,
l’atmosphère – et le soir je lis encore et encore,
parfois j’écris, parfois je reste assis dans un
fauteuil à regarder le mur.

Une soupape s’est ouverte dans mon cerveau, je me
sens neuf – et frais. Je n’écris pour l’instant que
ce qui me passe par la tête, mais je sens que je suis
en train de muer ; je perçois un bouillonnement
léger, toutefois présent et permanent, il me semble
travailler sans travailler, c’est a dire que je
focalise un peu plus mon projet, je l’affine,
j’explore des voies nouvelles. Ce travail ne
s’effectue pas seulement quand je suis devant une
feuille, mais à chaque instant. Je peux être dans la
rue, en train de boire un café, plop, une idée
surgit. Je n’ai pas besoin de la noter, je controle
tout ca a la perfection, je construis et élague en
permanence. Puis rien pendant quelques heures, avant
un nouveau signe, une nouvelle porte -

Tu vois, mon principal travail pour l’instant est de
déblayer ce cerveau qui sort enfin de sa torpeur.
Ici, il est libre de sensation, il n’a aucune limite
ni dans le temps ni dans l’espace. Il bouillonne en
permanence et sans retenue, c’est une impression
extraordinaire, comme d’ouvrir de nouvelles « portes
de la perception ». Bien qu’extérieurement je reste
calme, à l’intérieur je suis euphorique, je suis à
peu près sûr que j’y arriverai ; en ce moment mon
corps se gonfle de l’énergie nécessaire, je me
connais une volonté fébrile, le sentiment d’être sur
un volcan, le sol vibre sous mes pieds, j’attends son
explosion, j’attends, je sais que c’est là… c’est
merveilleux.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est très clair ;
je suis dans un endroit bruyant, il y a des gens qui
parlent fort, impossible de me concentrer et
d’écrire, surtout que je n’aime pas taper sur cet
ordinateur.

Je t’embrasse aussi – en ce moment ca doit être mort
au b** non ? Raconte moi ce que tu deviens – les
femmes, TA femme, et je ne parle pas d’écriture ;
quand je suis là, tu marches à 10% de volonté, alors
j’imagine que maintenant qu’il n’y a plus personne
pour te surveiller…

Allez, dis bonjour à tout le monde de ma part -

Ouf, après toi j’arrête, je retourne me meler au
gouffre de Saigon

Ciao bello -

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un tel enthousiasme

février 21, 2009 · Laisser un commentaire

des semaines sans écrire, peutetre meme sans lire ; c’est simplement parce que j’écoute une musique mieleuse type la boum, mais qui s’enroule parfaitement autour de mon état de calme profonde euphorie, parce que fumant à la fenetre et regardant pour une des dernieres fois ces immeubles depuis Bridges St je réalise la beauté de ma vie actuelle, où rien quasiment rien ne me perturbe, paisible et ambitieux comme un fleuve montant. Dans deux jours je déménage vers north point, le début d’une nouvelle énergie. J’arrive encore à surfer en maintenant une rigueur efficace et en prenant du plaisir à chaque fois que j’en ai envie. Les problèmes apparaissent puis se résolvent facilement, je crois à chaque fois savoir comment les résoudre si je peux le faire moimeme, ou bien à qui faire appel pour être aidé. Côté relations, qu’elles soient professionnelles amicales sentimentales ou sexuelles, j’ai la chance de choisir ceux que je cotoie et m’aperçois si tard que la sincérité ouvre toutes les portes, à partir du moment où l’on se confie d’une façon optimiste et forte, car le désespoir fait peur et la faiblesse se transmet en angoisse.

je m’étais dit de faire un bilan d’étape mi février pour voir si je n’avais pas à rechercher un poste fixe mais en fait ca va, ca n’a jamais été aussi bien depuis mon arrivée et je dois profiter de cette liberté pour donner une nouvelle impulsion voire direction à ma vie pro. Vivre ici, avec ce que cela comporte d’experiences, succès ou échecs, m’apporte une confiance en moi qui ne peut, par ma personnalité, se transformer en prétention, mais qui au contraire m’asseoit encore plus tout en étant si mobile. Mon esprit est vraiment libre, en conversation avec luimeme et je retrouve enfin la voix. Cette voix que j’avais perdue depuis peut etre 10 ans, évaporée depuis le moment où j’ai arrêté de peindre ou d’écrire, sans m’en rendre compte car pris par la vie. Je vis ensuite peutetre quelque chose de sérieux avec Sz que j’ai rencontré le 31dec et avec qui j’ai couché pour la premiere fois le jour de l’inauguration d’Obama 20jan, j’espere qu’il sera content d’avoir suscité un tel enthousiasme.

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