Innocences

Je m’y mets!

juillet 11, 2009 · Laisser un commentaire

depuis le dernier post, nous sommes revenus ensemble. Une semaine s’est passée pendant laquelle ni elle ni moi n’avons réellement vécu, il était évident que nous ne pouvions nous passer l’un de l’autre.

ensuite je suis parti en france pour 2 terribles semaines où nous avons parlé chaque jour sur skype pendant des heures, je me sentais divisé en deux, à paris avec bébé et à hk avec Sz par webcam interposée.

en france il y a eu des complications pour l’achat de l’appartement, la vente n’a pas été signée à cause de cette histoire de terrasse qui nous empoisonne la vie encore 8 ans après. Je suis revenu avec bébé à hk sans un sou, ce qui m’empeche d’aller au vietnam avec elle et de revenir en france et venise avec Sz comme prévu. Je tente de faire au mieux avec les quelques sous qui me restent, je ne suis pas à l’aise du tout.

Aujourd’hui rangement de l’appart pour remettre de l’ordre dans tout ça, et retrouver des projets. je ne peux pas compter sur l’argent de l’appartement et je me trouve étouffé. Demain anniversaire de Szewan et je dois acheter qq chose. Je m’y mets…

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5:50am

juin 9, 2009 · Laisser un commentaire

Je me réveille au milieu de la nuit et pense à elle, m’imagine qu’elle dort avec quelqu’un d’autre et d’un coup ma poitrine se fige et mon cerveau se fige, j’essaie de rationaliser en me disant qu’il faut qu’elle connaisse quelqu’un avant de -, que je m’imagine toujours n’importe quoi, j’entends sa voix indifférente me dire “i’m trying to get over it… and so far i’m doing quite well” comme il y a un mois,

mais au final je n’ai aucun pouvoir sur ce qui arrive ni sur elle, je ne peux juste que bouillir dans un coin et chercher juste à me détendre, à reprendre le cours de ma vie sans écouter cette vibration douloureuse, faire le deuil de cette relation.

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Ouvrir les yeux apres une nuit sans sommeil

juin 8, 2009 · Laisser un commentaire

Un weekend a maintenant passé, et au lieu de s’atténuer le manque est encore plus vif. Je ne suis capable de rien, je n’ai meme pas pu dormir la nuit derniere, trouvant un somme agité seulement vers 8h du matin, avant d’etre réveillé par les coups de marteaux dans l’appartement du dessus. C’est un jour pâle, moite, je n’ai gout à rien. Son dernier mail date d’il y a à peine une demie heure, une réponse brève, sans émotions ni sentiment, écrite en 8 secondes, mais quand meme une réponse, un soupçon de dialogue. Je ne vais pas bien, je n’ai rien à faire si ce n’est rebatir mon futur sans elle et je pourrais autant sauter par la fenetre avec le meme enthousiasme. Encore une fois je ne le ferai pas, conscient qu’il y a encore beaucoup de bonheur pour un chanceux comme moi, dont l’ennemi est simplement enfoui et pour l’instant insaisissable.

Durant la nuit j’ai fini Revolutionary Road où j’ai retrouvé ce drame muet qui se joue au jour le jour, les non-dits et les attentes d’un couple qui s’éloigne ; à défaut de s’éloigner des autres ils en viennent à s’éloigner l’un de l’autre et à faire surgir la haine là. Si je pouvais etre indépendant de l’amour… mais comme l’avait dit Bruno,  j’ai le besoin d’aimer. Pendant ma période de célibat j’ai eu plus de filles que la plupart des hommes durant toute leur vie. Mais aucune d’entre elles ne me donnait envie de passer la journée avec elle, de prendre le bateau et de tenir sa main, d’admirer ensemble la pureté d’un paysage. Sz fut la premiere apres N, et l’étincelle a enflammé ma vie avant de la consumer, si vite, sur une porte claquée.

Reprendre son baton de pelerin, comme disait mon père ; comme je le comprends. Ce sentiment vain du baratinage, les memes phrases répétées à celle que l’on ne désire que dans son lit mais pas dans sa vie. Du blabla pour rassurer sur ma virilité, sur ma capacité à bien séduire et bien baiser, parce que dans ces brefs moments le reste s’oublie. Trouver parmi toutes celles qui le souhaitent celle qui me convient. Je n’ai meme pas envie de ça. J’ai envie d’etre face à Sz, de la serrer dans mes bras, de revoir le jour se lever depuis sa chambre. De revivre le sexe, l’amour et les rires. De marcher à côté d’elle dans la rue, de l’aider à descendre les marches sur ses talons hauts, de l’embrasser dans l’ascenceur, de voir dans le regard des gens quel beau couple nous formons. Tous ces souvenirs aujourd’hui se sont figés et réduits jusqu’à tenir dans le creux de mon poing, dur comme un coeur sans avenir.

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L’après Sz, jour 1

juin 6, 2009 · Laisser un commentaire

Pénible jours, extremement pénibles. Apres notre dispute hier soir, lors de laquelle j’ai donné un violent coup de pied dans une porte vitrée près de l’escalator de Central sous le regard médusé des piétons de 21h, après l’avoir traitée de folle et claqué la porte du taxi, je suis sorti voir les manifestants du 6 juin (tien an men) à Victoria Park. Restant là dans la foule, je ne regrette pas, je ne suis pas triste, c’est encore trop tot, mais je vibre sourdement comme apres un choc trop brutal. Plus tard je marche dans les rues la tete vide, cherchant une réponse dans les yeux des immeubles, dans les attitudes des passants. Pourquoi cela coince-t-il. Pourquoi ne suisje pas capable de la comprendre, de lui faire confiance, de l’aimer simplement.

Aujourd’hui, ce matin, elle m’a effacé de ses amis fb, je lui demande de venir récupérer ses tableaux stockés dans mon bureau, elle vient, nous sommes capables d’agir normalement, sans colère, et alors qu’elle va partir, le caretaker vient discuter avec nous, inconscient du drame muet qui est en train de se dérouler. Il m’a montré un article de journal où des photos le montrent en train de jouer une sorte de mandoline et différents instruments. Il dit qu’il va jouer pour moi, qu’il m’aime bien. Je hoche la tete sans un mot, lui fais comprendre qu’il doit nous laisser seul, il s’éloigne, nous nous approchons l’un de l’autre et je la serre dans mes bras, lui embrasse les cheveux. Un court instant, une puissante tendresse, frémissement. Puis elle part, le regard vide à travers la fenetre du taxi.

Quelques heures plus tard elle veut que je signe un papier où je certifie ne pas utiliser les photos que j’ai prises d’elle, nue. Je la traite encore de folle, de paranoiaque, comme si je pouvais un instant penser à distribuer ces photos sur fb ou n’importe où, comme si je pouvais lui faire ça, à elle. Elle veut aussi voir ma clé usb, mon portable, mon appareil photo, tous les endroits où j’aurai pu copier ces photos. La scene se finit dans la rue, face au mtr fortress hill, je lui tourne le dos une derniere fois.

Plus tard je lui envoie un long mail, elle me répond encore plus longuement, et dans sa réponse je lis l’absolue vérité: mon sentiment d’insécurité, totalement injustifié et pourtant présent en permanence en voix off de notre relation. Nous avions du mal à nous comprendre, et au lieu d’atténuer la distance, j’ai mis à jour les failles pour les triturer comme des plaies qui devaient devenir encore plus douloureuses.

Je ne sais pas pourquoi j’agis ainsi. Peut-etre que je voulais que cette relation s’arrete, parce que je ne pensais pas pouvoir lui apporter ce qu’elle attend. Je l’aime, mais ai-je envie de fonder une famille. Elle m’a tant apporté, tant aimé et donné, aurais-je été capable de lui apporter en retour. Il semble que je ne sois pas encore pret, et que je n’aie pas su me l’avouer à moi-meme. Sans doute l’a-t-elle senti, et ce non-dit est une breche qui chaque jour s’entrouvrait de plus en plus. Le conflit s’est porté ailleurs mais là se trouvait l’épicentre.

Elle m’a obsédé, chaque minute depuis notre premiere rencontre, au point que chaque geste, parole ou absence de parole était amplifié et interprété, souvent de façon erronée. J’ai clairement été injuste. Mais il y avait une raison, non pour l’injustice, mais pour sa source.

Dans le restaurant où j’ai diné, une fille lui ressemblait tellement, je n’arretais pas de la fixer. Elle dinait avec une copine, comme Sz l’aurait fait, pendant que j’étais en train de m’imaginer n’importe quoi. J’ai raté qq chose. Tristesse.

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szewan, la fin

juin 5, 2009 · Laisser un commentaire

Voilà, une belle histoire qui se finit, je ne sais pas trop comment. Nous discutions de cet été, elle me dit que ce n’est pas “thrilling” pour elle de venir en Europe, d’aller à venise tous les deux pour la biennalle, qu’elle ne veut rien avoir à faire avec l’anniversaire d’anh ly fin juillet… bref tout s’écroule et je redescends sur terre. Quatre mois de plaisirs, une incomprehension latente, qui est elle, que veut-elle…

elle — j’”ecrirai plus tard, là je suis trop n’importe quoi, 5h du matin je reviens de wanch et je n’ai pas la tete à réfléchir

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souvenir de 99

juin 1, 2009 · Laisser un commentaire

salut Paul !

(…)

le premier jour je me suis senti seul et je l’ai mal
vécu. Si on m’avait proposé de rentrer tout de suite,
j’aurais hésité. Bien sur je ne l’aurai pas fait, je
sais que c’aurait été idiot, mais j’avais le ceur
serré…

Saigon n’a pas changé depuis mon dernier voyage, il y
a 6 mois. Ce qui est différent maintenant est la
vision à plus long terme qui est la mienne ; je ne
suis pas là pour quelques jours mais pour quelques
mois, et je suis seul, je ne visite rien, je suis un
promeneur solitaire dans une ville de 6 millions
d’habitants.
J’habite dans un joli quartier à l’écart du centre
ville et des touristes, je suis le seul étranger à
passer dans la rue. En plus nath m’a décoloré les
cheveux avant de partir, je suis blond-orange
maintenant, donc on me regarde 2 fois plus !

Je vis un peu comme un moine, je ne sors pas, je ne
me bourre pas la gueule, je fume un seul joint le
soir pour m’aider à… soit dormir soit écrire.

Je me sens bien désormais, j’ai pris conscience qu’il
ne fallait pas regarder en arrière, me morfondre etc
mais mettre pleinement les pieds dans le présent et
préparer le futur.
Je bénéficie d’une liberté complète, aussi bien de
mouvement que dans le temps. Je n’ai rien de prévu ce
soir ni demain ni la semaine prochaine, j’occupe mes
heures comme bon me semble, je ne perds pas mon
temps, je le passe : chaque seconde a une saveur que
je peux enfin apprécier.  Je n’ai pas de journée
typique, pas d’horaires, pas de contrainte (et tu
sais pourtant combien je me sens contraint pour un
oui ou pour un non) : quand je me lève je prends mon
petit déjeuner, soit dans ma chambre soit dehors.
J’habite au 2eme étage d’un mini hotel et sur mon
balcon fleurissent des plantes exotiques. Après une
douche, je lis, ou bien je vais me promener dans le
coin, faire quelques courses : je n’ai pas peur de
prendre une heure pour aller acheter des piles,  ou
pour oublier de les acheter, j’irai plus tard, j’irai
demain ; enfin j’irai quand bon me semblera…

Le jour passe, lentement, mais je ne m’ennuie pas. Je
discute avec des viets, je lis (en ce moment les
Confessions de JJ Rousseau, je te le conseille
vivement), je prends des cafés au lait glacé sur des
terrasses, à l’ombre de palmiers, je passe des heures
en contemplation dans la rue et je goute des saveurs
sur les marchés. J’ai acheté un plan de Saigon, mais
je ne m’en suis pas encore servi : je marche sans
but, m’arrête là où je sens l’envie, et quand je veux
rentrer je rentre, rien de plus.
Je mange dans des restaurants simples, pour 7-8
francs, c’est délicieux – plus que le plat,
l’atmosphère – et le soir je lis encore et encore,
parfois j’écris, parfois je reste assis dans un
fauteuil à regarder le mur.

Une soupape s’est ouverte dans mon cerveau, je me
sens neuf – et frais. Je n’écris pour l’instant que
ce qui me passe par la tête, mais je sens que je suis
en train de muer ; je perçois un bouillonnement
léger, toutefois présent et permanent, il me semble
travailler sans travailler, c’est a dire que je
focalise un peu plus mon projet, je l’affine,
j’explore des voies nouvelles. Ce travail ne
s’effectue pas seulement quand je suis devant une
feuille, mais à chaque instant. Je peux être dans la
rue, en train de boire un café, plop, une idée
surgit. Je n’ai pas besoin de la noter, je controle
tout ca a la perfection, je construis et élague en
permanence. Puis rien pendant quelques heures, avant
un nouveau signe, une nouvelle porte -

Tu vois, mon principal travail pour l’instant est de
déblayer ce cerveau qui sort enfin de sa torpeur.
Ici, il est libre de sensation, il n’a aucune limite
ni dans le temps ni dans l’espace. Il bouillonne en
permanence et sans retenue, c’est une impression
extraordinaire, comme d’ouvrir de nouvelles « portes
de la perception ». Bien qu’extérieurement je reste
calme, à l’intérieur je suis euphorique, je suis à
peu près sûr que j’y arriverai ; en ce moment mon
corps se gonfle de l’énergie nécessaire, je me
connais une volonté fébrile, le sentiment d’être sur
un volcan, le sol vibre sous mes pieds, j’attends son
explosion, j’attends, je sais que c’est là… c’est
merveilleux.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est très clair ;
je suis dans un endroit bruyant, il y a des gens qui
parlent fort, impossible de me concentrer et
d’écrire, surtout que je n’aime pas taper sur cet
ordinateur.

Je t’embrasse aussi – en ce moment ca doit être mort
au b** non ? Raconte moi ce que tu deviens – les
femmes, TA femme, et je ne parle pas d’écriture ;
quand je suis là, tu marches à 10% de volonté, alors
j’imagine que maintenant qu’il n’y a plus personne
pour te surveiller…

Allez, dis bonjour à tout le monde de ma part -

Ouf, après toi j’arrête, je retourne me meler au
gouffre de Saigon

Ciao bello -

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un tel enthousiasme

février 21, 2009 · Laisser un commentaire

des semaines sans écrire, peutetre meme sans lire ; c’est simplement parce que j’écoute une musique mieleuse type la boum, mais qui s’enroule parfaitement autour de mon état de calme profonde euphorie, parce que fumant à la fenetre et regardant pour une des dernieres fois ces immeubles depuis Bridges St je réalise la beauté de ma vie actuelle, où rien quasiment rien ne me perturbe, paisible et ambitieux comme un fleuve montant. Dans deux jours je déménage vers north point, le début d’une nouvelle énergie. J’arrive encore à surfer en maintenant une rigueur efficace et en prenant du plaisir à chaque fois que j’en ai envie. Les problèmes apparaissent puis se résolvent facilement, je crois à chaque fois savoir comment les résoudre si je peux le faire moimeme, ou bien à qui faire appel pour être aidé. Côté relations, qu’elles soient professionnelles amicales sentimentales ou sexuelles, j’ai la chance de choisir ceux que je cotoie et m’aperçois si tard que la sincérité ouvre toutes les portes, à partir du moment où l’on se confie d’une façon optimiste et forte, car le désespoir fait peur et la faiblesse se transmet en angoisse.

je m’étais dit de faire un bilan d’étape mi février pour voir si je n’avais pas à rechercher un poste fixe mais en fait ca va, ca n’a jamais été aussi bien depuis mon arrivée et je dois profiter de cette liberté pour donner une nouvelle impulsion voire direction à ma vie pro. Vivre ici, avec ce que cela comporte d’experiences, succès ou échecs, m’apporte une confiance en moi qui ne peut, par ma personnalité, se transformer en prétention, mais qui au contraire m’asseoit encore plus tout en étant si mobile. Mon esprit est vraiment libre, en conversation avec luimeme et je retrouve enfin la voix. Cette voix que j’avais perdue depuis peut etre 10 ans, évaporée depuis le moment où j’ai arrêté de peindre ou d’écrire, sans m’en rendre compte car pris par la vie. Je vis ensuite peutetre quelque chose de sérieux avec Sz que j’ai rencontré le 31dec et avec qui j’ai couché pour la premiere fois le jour de l’inauguration d’Obama 20jan, j’espere qu’il sera content d’avoir suscité un tel enthousiasme.

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fin de la lune de miel

janvier 23, 2009 · Laisser un commentaire

Ce matin je me suis réveillé après une nuit de 4h suite à un rêve où je suis qq part en France, dans une salle avec pas mal de monde, des gens de la famille, des amis. Bébé joue avec une copine jusqu’au moment où elle s’aperçoit que je suis là et court à toute vitesse pour me sauter dans les bras. Avec la logique des rêves, elle me dit “j’ai fait une sieste CPRC comme tu me l’as appris”…. en anglais.  Je rêve souvent en anglais depuis que je suis ici. Je me suis réveillé en sursaut, j’ai pleuré.

Hier journée décevante où je m’enerve contre Hamwai qui ne se bouge pas pour me payer. Nous avons franchi la premiere étape pour le pavillon et maintenant il s’agit d’une histoire de dessous de table. Ainsi j’ai la confirmation que ce n’est pas le meilleur projet qui gagne mais celui dont les porteurs sont prêts à payer le plus. Il faut bien un critère de sélection mais il s’agit de l’argent du peuple qui est détourné par une poignée de paysans arrivés au pouvoir et dont les 30 ans de réformes n’ont pu assainir l’esprit.

Journée décevante car j’ai encore une fois la conviction que je ne suis pas fait pour vivre en Chine, ni même à hk. L’ame chinoise est grossière dans tous les sens du terme, aussi bien par les actes que les mots. Axl me dit que plus il comprend le cantonais, plus il s’aperçoit qu’ils se “parlent comme des merdes” au téléphone, ni un bonjour, ni un s’il vous plait, les ordres sont donnés et la non-personne en face doit les exécuter aussi rapidement que possible. 
Ils n’ont aucun goût, leur sens esthétique est médiocre au ridicule, et ils entretiennent un parfait mépris pour l’autre, surtout s’il est chinois mainland ou femme. S’ils sont les deux et que par malheur, elles leur tiennent tete, comme Sophie, ils n’hésitent pas à utilser de la plus basse vulgarité. 
Coté professionnel, la désorganisation et les spheres d’influence ruinent toute tentative d’amélioration, car seul compte l’avis du supérieur même si celui-ci change au gré de ses propres supérieurs ou clients.  C’est la premiere fois que je travaille avec eux en tant que partenaire –jusqu’ici j’étais leur client– je comprends désormais pourquoi personne n’aime travailler chez ADT et pourquoi les meilleurs partent dès qu’ils le peuvent. Il ne restera que ce noyau dur de petites frappes qui ne se contenteront que de petits coups minables avec des clients aussi peu scrupuleux qu’eux.

Je fais ce constat sur le chemin du retour, quelque peu désabusé voyant l’air se rafraichir autour de moi et les couleurs se morfondre en nuances de gris. De chez moi j’appelle bébé qui a une otite depuis plusieurs jours. Apres un début de conversation normal, elle me dit soudain “pourquoi estce que tu es parti, tu me manques tellement, je pense à toi tous les jours. Tu ne reviendras jamais habiter en France ? Ce n’est pas pareil maintenant, que quand tu me racontais une histoire avant de dormir, ou quand tu m’emmenais me promener dans les parcs ou dans les musées”. Elle se met à pleurer, je pleure aussi, j’essaye de lui expliquer pourquoi je suis parti, toute la douleur que j’ai ressenti en faisant ce choix cruel, mon coeur est brisé parce je fais souffrir la seule personne qui compte réellement dans mon monde. Je ne sais comment y remédier, si ce n’est de revenir plus tot que prévu à Paris…

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Bad

janvier 18, 2009 · Laisser un commentaire

Je suis à guanghzou, tout juste sorti de la présentation pour le pavillon du Gd. Le feeling d’Hamwai est “bad”, le mien aussi, même si je n’ai pas pu suivre la séance de q&a en chinois. Nous étions dans une salle de réunion d’un centre de conférences, il fait beau, presque chaud pour le retour de mon éternel costume Paul Smith. Pendant la présentation, Powerpoint a planté, ce qui n’est qu’un des signes icerbergiens de l’organisation d’adt. Je leur ai demandé 2 fois si la présentation fonctionnait bien, avec ses 300 megas de vidéos etc. on m’a répondu qu’il n’y avait pas de problème, que tout a été vérifié. Voilà, symptomatique de leur incapacité à m’écouter. Depuis le début ce projet est chaotique et nous en avons eu l’aboutissement. Leur réaction à la sortie est de critiquer les interlocuteurs du jour pour leur incapacité à comprendre des concepts et leur manque de vision. Mais il apparaît aussi clairement que l’amoncellement des idées a fait de notre proposition un stationary shop géant où les éléments les plus divers s’entassent sans ordre cohérent. Je leur avais dit de prendre une idée et de la gigantifier, et d’en rester là. Mais au fur et à mesure que la deadline approchait, chaque personne donnant son avis leur filait des maux d’estomac et ils eurent peur de manquer une idée. Ainsi le design extérieur ressemble à un stand -ce qu’ils ne savent que trop faire- et l’intérieur est plein d’imperfections criantes lorsqu’elles s’affichent sur l’écran de projection. J’ai le sentiment d’un énorme gachis, alors qu’au départ je pensais que ce projet serait mon tremplin idéal. Une telle occasion ne se représentera pas de si tôt. Peut-être fais-je aussi l’erreur de vouloir faire le consensus, de dire ce que je pense de cette voix trop douce. Au final le projet m’a échappé, bien que l’on ne m’ait jamais donné officiellement le final cut.

Nous sommes arrivés à 2h du matin, je n’avais pas sommeil, Myka est apparue sur Skype. Elle sort maintenant avec un autre français, mais je sens bien qu’il ne tient qu’à moi pour que nous soyons à nouveau ensemble. Elle est toujours aussi sexy, drole, je retombe sous le charme mais lui dit qu’elle fait mieux de rester avec lui, je suis un mauvais bf et je ne peux pas m’occuper d’elle comme il le fait. Elle fait la moue, me dit « call me (…), like before », et viendra à hk le mois prochain. Je m’endors à 5:30, me réveille à trois heures plus tard. Aucune pression, je ne présente pas.

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La colline des nuages

janvier 15, 2009 · Laisser un commentaire

Une hongkongaise ne refusera jamais un plat de nouilles, quelque soit l’heure, c’est viscéral. Cette nuit je travaille chez adt sur le pavillon du gd, le projet est un cauchemar sans queue ni tete, qui doit se finir un jour car par chance il y a une deadline et des délais incompressibles. Demain j’ai prétexté un rendez-vous client pour ne pas avoir encore à subir leurs hésitations et leurs idées ahurissantes comme “le cerveau” de la semaine derniere. La soirée s’éternise, je msn en meme temps avec Icey, une fille de 21 ans superbe sur les photos de son annonce sur LS. Hier nous avions brievement parlé, elle m’avait semblé distante. Ce soir elle a l’air plus détendue, je plaisante avec elle, et au milieu de ce chaos je souris béatement car je sens la fin proche. Elle se couche vers 1h, les palabres continuent autour de la proposition, nous perdons du temps sur des détails incohérents, je m’en fiche totalement, je sais que je vais dormir l’esprit tranquille, et demain je dois passer la journée avec Hoa.
A 4h du matin, j’ai fini, les 3 autres sont à moitié endormis dans les fauteuils de la salle de réunion qui nous sert de qg ; nous pourrions porter des casques tellement nous sommes en état de siège mental. Voilà qu’Icey réapparait, je m’étonne, elle me dit qu’elle est insomniaque, alors je propose des late noodles, elle accepte avec un point d’exclamation, incroyable. Cela n’arrive qu’à hk, ou certainement ailleurs en Asie où la nourriture est si importante. A Paris, de toute façon, où trouver un restaurant simple ouvert à 5h du matin? A HK, il y en a dans tous les quartiers, et manger n’induit pas la meme pression que boire. Le repas est un partage qui a lieu dans un endroit normalement éclairé, où l’on peut discuter. Cet échange est moins évident dans un bar où la musique, la foule et la pénombre hachent la conversation, voire obligent au résultat.
Je la rejoins donc pres de chez elle à cwb, moins belle que sur les photos mais un charme fou, je ne sais pas pourquoi j’ai autant de chance, sans doute parce que j’ai passé la soirée à sourire, observant la pensée du jour du dalai lama – cadeau de noel – lue avant de partir pour le bureau — qui dit “l’esprit humain est unique et précieux. Doté d’une souplesse et d’une capacité de sagesse inhabituelles, il peut évoluer à une vitesse qui n’a d’équivalent dans aucune autre forme de vie. L’homme peut tomber dans la plus profonde obscurité spirituelle ou atteindre l’état supreme du parfait éveil, cela dépend de lui.” Ces dernieres années ne m’ont rien appris d’autre — je l’ai en fait appris en 1994, au moment où mon scooter a gravi la colline des nuages pour me révéler Lang Co.
Donc en face de cette fille magnifique qui me rejoint au milieu de la nuit, je n’ai pas de raison d’arreter de sourire et de bénir chaque minute de ma vie. Le plus parfait exemple du passage d’un extreme à un autre en quelques instants, grâce à quelques nouilles nocturnes… 
 En se quittant, elle me dit de la rappeler pour passer une soirée dans les quartiers dangereux de kowloon où traine la pire faune qui soit…
Dimanche présentation à gz, drole de processus: ils recevront les propositions samedi, nous diront l’heure de la présentation “samedi avant minuit”, et donneront la shortlist “avant dimanche minuit”. Nous avons 20 minutes pour présenter, je ne peux pas croire que cela se fasse d’une façon objective, voire honnete. Bref, expériences uniques,  beaucoup d’émotions à venir, le bonheur.

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